Le Tour de Suisse est la deuxième épreuve préparatoire au Tour de France. C'est un peu comme Paris-Nice et Tirreno-Adriatico pour Milan-San Remo. On retrouve les frères Schleck, Roman Kreuziger, Andreas Klöden et Sylvain Chavanel comme têtes d'affiche. Le parcours est montagneux et seules deux étapes pourraient arriver au sprint (la 4ème et 6ème étape). Les principaux cols à gravir seront le Saint-Gothard, qui culmine à plus de 2000 mètres, le Lukmanier, les stations de Crans-Montana et de Serfaus, et l'Arlberg.
La première étape, prologue de 7,8km, a été remportée par Fabian Cancellara (Saxo Bank) haut la main devant le vainqueur de l'édition précédente, Roman Kreuziger (Liquigas), qui termine à 19" et Andreas Kloden (Astana) à 22". George Hincapie, Tony Martin, Kim Kirchen et Maxime Monfort tous les quatre appartenant à la formation Columbia concèdent respectivement 24", 31" pour Martin et Kirchen et 32" pour Monfort. Heinrich Haussler (Cervelo) prend la 8ème place à 34" devant Lars Boom (Rabobank). Carlos Barredo (Quick Step) termine à la 12ème place du prologue à 38" de Cancellara alors qu'il fait son retour après une période de convalescence en raison de sa chute lors du Tour de Catalogne. Thor Hushovd (Cervelo) est 13ème dans le même temps tout comme Vladimir Karpets (Katusha), 16ème. Le français Sylvain Chavanel (Quick Step) est 21ème à 40" alors que Linus Gerdemann (Milram) termine 23ème à 42". Les écarts sont donc très resserrés parmi les outsiders. Frank Schleck (Saxo Bank) a tenté de limiter la casse en prenant la 33ème à 45". A noter aussi la 30ème place à 44" de Thomas Dekker (Silence Lotto) et la 34ème place du français Sandy Casar (Française des Jeux) à 45". Fabian Cancellara est donc le premier leader de l'épreuve helvète.
La deuxième étape a été remportée au sprint par Bernhard Eisel (Columbia) devant Gerald Ciolek (Milram) et Oscar Freire (Rabobank). Un trio composé du français Hervé Duclos-Lassalle (Cofidis), Javier Aramendia (Euskaltel) et Josef Benetseder (Vorarlberg) a animé la course mais le peloton ne lui a pas laissé beaucoup d'avance puisque l'écart est vite retombé aux alentours de 2'30". A 25km de l'arrivée, Aramendia a lâché ses compagnons d'échappée mais 3km plus tard, Tony Martin a contré l'espagnol et l'a dépassé à 21km de l'arrivée. Martin a tenté de résister au peloton mais ce dernier l'a repris à son tour à 7km de l'arrivée. Le français Jérémy Roy (Française des Jeux) et Markel Irizar (Euskaltel) ont tenté de surprendre le peloton et les sprinters mais ils ont échoué et Eisel est désormais 10ème du classement général. Fabian Cancellara, 11ème de l'étape, conserve son maillot jaune.
La troisième étape a été remportée au sprint par Mark Cavendish (Columbia) devant Oscar Freire et Thor Hushovd (Cervelo). Le français Samuel Dumoulin (Cofidis), parti en compagnie de William Frischkorn (Garmin), Marlon Perez Arango (Caisse d'épargne) et Enrico Gasparotto (Lampre), avait compté plus de 6 minutes d'avance mais au sommet du col de Lukmanierpass, à 65km de l'arrivée, l'écart était retombé en dessous des 3 minutes. La descente permettait aux échappés de garder une avance légèrement supérieure à 2'30". A 30km de l'arrivée, cet écart ne diminuait pratiquement pas mais sous l'impulsion de la formation Cervelo et Saxo Bank pour Hushovd et Cancellara, l'échappée n'avait plus qu'une minute et demie à 20km de l'arrivée. Frischkorn donnait des signes de fatigue et perdait contact avec le groupe de tête à 9km de l'arrivée. L'écart passait alors sous la minute et à 5km du terme de l'étape, l'avance des échappés qui était de 25" ne pouvait pas suffire. A 4km de l'arrivée, alors que le peloton n'était plus qu'à 12", Perez Arango partait seul. Dumoulin et Gasparotto étaient repris puis Perez Arango quelques centaines de mètres plus tard. Ryder Hesjedal (Garmin) tentait sa chance mais fut logiquement repris par les équipes de sprinters à 2km de l'arrivée. Le train de l'équipe Columbia se mettait en place sous la flamme rouge et Cavendish concluait de très belle manière un sprint de costaud. Renaud Dion (AG2R LM) est le premier français à la 7ème place devant Yoann Offredo (Française des Jeux), 8ème. Fabian Cancellara est 10ème et conserve son maillot jaune de leader.
La quatrième étape a été remportée par Matti Breschel (Saxo Bank) devant Maxim Iglinsky (Astana) et Tadej Valjavec (AG2R LM). Un groupe de 26 coureurs composé notamment de deux français Jérémy Roy et Sylvain Chavanel (Quick Step) ainsi que Andy Schleck (Saxo Bank), Heinrich Haussler, Tony Martin, et Peter Velits (Milram). Le peloton contrôle l'échappée autour des 2 minutes et l'avance maximale ne dépasse pas les 3 minutes. Dans la descente du col du Satteleg, dont le sommet est à 50km de l'arrivée, 9 coureurs se détachent et les deux français Roy et Chavanel sont piégés. Breschel, A.Schleck, Oliver Zaugg (Liquigas), Iglinsky, Alexander Efimkin (AG2R LM), Valjavec, Thomas Rohregger (Milram) et Velits composent ce groupe de 9. Le peloton ne reprend rien aux 9 fuyards qui obtiennent même 3 minutes d'avance à 16km de l'arrivée. Les équipes de sprinters dont la Columbia dans les 10 derniers kilomètres accélèrent fortement mais elles ne reviendront jamais sur les hommes de tête. Les attaques de multiplient avec Valjavec puis Velits à 2km de l'arrivée. Personne n'arrive à vraiment faire un écart et la victoire doit se jouer au sprint. A.Schleck, qui a bien travaillé pour Breschel, permet à ce dernier de s'imposer de justesse. Valjavec profite de sa 3ème place pour s'emparer du maillot jaune de leader. Filippo Pozzato (Katusha) remporte le sprint du peloton pour la 10ème place à 1'03". Fabian Cancellara termine 24ème à 1'04" et recule désormais en 6ème position à 20" de Valjavec. La 5ème étape propose une arrivée en altitude à la station de ski de Serfaus et sera décisive pour le classement général. On en sera alors un peu plus sur la condition des favoris et ceux qui peuvent prétendre à la victoire finale à Berne.
La cinquième étape, avec arrivée à la station de ski de Serfaus, a été remportée par Michael Albasini (Columbia) devant Fabian Cancellara (Saxo Bank) et Damiano Cunego. Pascal Hungerbühler (Vorarlberg) a tenté une échappée en solitaire condamnée d'avance. Le peloton lui laissait une avance proche des 10 minutes puis Hungerbühler voyait son avance descendre gentiment. A 70km de l'arrivée, Pablo Lastras (Caisse d'épargne) lance une offensive que Iker Camano (Fuji-Servetto) et Chris Anker Sorensen (Saxo Bank) parviennent à suivre. Brian Vandborg (Liquigas) aussi mais lui se fait rejoindre par le peloton tout comme Lastras. Eros Capecchi, de la même formation Fuji-Servetto, rejoint Sorensen et Camano. Deux français, Sandy Casar (Française des Jeux) et Thomas Voeckler (Bbox Bouygues Telecom) contrent et font la jonction avec le trio de poursuite. Pendant ce temps, Hungerbühler passait à 60km de l'arrivée en tête au sommet de l'Arlberg. Le groupe de 5 s'entend bien et l'homme de tête se relève. Les 6 coureurs de tête ont 1 minute d'avance sur le peloton qui roule à vive allure et revient très vite sur les échappés. Tout se regroupe donc à 35km de l'arrivée. Mais deux kilomètres plus tard, Bjorn Schroder (Milram) et Marcus Burghardt (Columbia) s'extirpent et attaquent la montée finale coupé en deux parties avec une avance avoisinant les 30 secondes. Le peloton perd logiquement des éléments et le duo se fait reprendre. A 10km de l'arrivée, Peter Velits lance les hostilités suivi de Rein Taaramae à plusieurs reprises. Cancellara tient dans la roue de ses coéquipiers notamment Frank Schleck (Saxo Bank) dans la partie la plus dure. A 6km de l'arrivée, Taaramae et Tony Martin sont en tête mais le peloton principal roule vite et fait la jonction. Un groupe de 15 se détache alors qu'un autre avec A.Schleck est un peu plus loin et un troisième avec Linus Gerdemann (Milram) sont encore plus loin. Tony Martin se détache encore une fois mais la victoire va se jouer au sprint et c'est le suisse Albasini qui devance un autre suisse Cancellara. Roman Kreuziger et Andreas Klöden sont présents dans le premier groupe. Tadej Valjavec aussi ce qui lui permet de conserver son maillot jaune de leader.
La sixième étape a été remportée au sprint par Mark Cavendish, qui enlève son deuxième succès dans l'épreuve helvète, devant Oscar Freire et Francesco Gavazzi (Lampre). Le suisse Reto Hollenstein (Vorarlberg)sentait l'air du pays et décidait d'imiter son coéquipier la veille. Le peloton levait donc le pied mais pas plus de 10 minutes d'écart. AG2R LM maîtrisait et revenait tranquillement avant que les équipes de sprinters installent quelques équipiers pour réduire l'avance de l'homme de tête. A 40km de l'arrivée, Hollenstein avait encore 4 minutes d'avance. Mais un peu plus de 10km plus tard, il n'en avait plus que 2 minutes. Encore 2km après, le peloton revenait à 1 minute très facilement. Le rythme était plutôt élevé mais cela n'empêchait pas Stuart O'Grady (Saxo Bank) de tenter de s'extirper sans réussite. Fabian Cancellara reprenait 2 secondes à Tadej Valjavec lors du sprint intermédiaire. Le peloton baissait le rythme quand Hollenstein n'était qu'à 10 secondes devant le peloton. Finalement, le calvaire de l'homme de tête se terminait à 18km de l'arrivée. Personne ne tentait une offensive dans le final alors que l'allure restait plutôt tranquille. Frank Schleck perdait contact avec le peloton sans raison particulière mais revenait finalement avec l'aide de deux équipiers. Les Columbia et autres équipes de sprinters comme la Cervelo, Rabobank et Silence Lotto accélèraient fortement (près de 65km/h!). Et Cavendish, une nouvelle fois bien emmené par ses équipiers, remportait haut la main une nouvelle victoire. Tadej Valjavec conserve son maillot jaune de leader. La septième étape devrait faire de nouveaux écarts puisque le final vers Vallorbe Juraparc.
La septième étape a été remportée par Kim Kirchen devant Roman Kreuziger à 2" et Peter Velits (Milram) à 7" qui règle le groupe des favoris au sprint. Un groupe de 4 coureurs avait ouvert la route au peloton : le français Damien Gaudin (Bbox Bouygues Telecom) ainsi que Gerald Ciolek, José Joaquin Rojas (Caisse d'épargne) et Marcus Burghardt. Le peloton ne laissait toujours pas d'avance trop considérable et à 8 minutes, l'écart commençait à diminuer. A 33km de l'arrivée, Tony Martin chutait à deux reprises mais heureusement pour lui, il fut attendu par des équipiers qui le ramenèrent au sein du peloton. Silvère Ackermann et Andreas Dietziger de la formation Vorarlberg tentaient tour à tour de prendre un peu d'avance mais les équipiers des favoris ne leur faisaient aucun cadeau et faisaient fondre l'écart avec le groupe de tête. A 14km de l'arrivée, l'aventure des échappés était terminé. La formation Astana, Katusha, et Rabobank accélèraient encore dans la montée finale pour distancer Fabian Cancellara mais ce dernier résistait. Il fallut attendre d'être à 3km de l'arrivée pour voir des attaques de la part des favoris, Roman Kreuziger partait avec Michael Albasini dans la roue mais ce dernier lâchait très rapidement. Le groupe des favoris pointait avec un retard de 15" alors que AG2R La Mondiale ainsi que Vladimir Karpets (Katusha) et Fabian Cancellara emmenait en tête du groupe des favoris. Kim Kirchen sentait le bon coup et partait en contre. Après s'être fait rejoint pendant qu'il revenait à moins de 10" de Kreuziger, Kirchen repartit en contre en pur puncheur, rattrapait le tchèque puis le déposait au sprint. Tadej Valjavec est toujours leader mais Fabian Cancellara est toujours second avec le grand rendez-vous de Crans-Montana puis la dernière étape, le contre-la-montre à Berne.
La huitième étape a été remportée par Tony Martin, au sommet de Crans-Montana, devant Damiano Cunego et Fabian Cancellara à 2". Un quatuor s'est détaché pour constituer l'échappée du jour avec une nouvelle fois le français Hervé Duclos-Lassalle ainsi que Pavel Brutt (Katusha), Lars Boom (Rabobank) et Marcel Wyss (BMC). Cependant, il ne put faire mieux que la dernière fois puisque l'écart n'était encore pas très important autour de 5 minutes à 80km de l'arrivée. A 24km de l'arrivée, le peloton avalait l'échappée qui a subi la très bonne entente des équipes des favoris. Jussi Veikkanen (Française des Jeux) partait en solitaire puis fut rejoint par Steve Morabito (Astana) pour faire travailler les adversaires de Andreas Kloden. Veikkanen lâcha prise pendant que Morabito augmentait son avance qui était de 20" par rapport au peloton. José Angel Gomez Marchante (Cervelo) revenait à son tour sur Morabito mais l'avance de 10" ne pouvait pas suffire contre l'armada Saxo Bank et autres équipes de favoris qui imprimait un fort tempo dans la montée. Roman Kreuziger tentait de distancer Fabian Cancellara tout comme son équipier Oliver Zaugg en compagnie de Robert Kiserlovsky et Rui Faria Da Costa (Caisse d'épargne). La Saxo Bank avec les frères Schleck ,et surtout Andy, reprenaient tout le monde. Quand, à 2km de l'arrivée, Maxime Monfort et Andreas Kloden ont pris leur chance pour terminer devant Cancellara, le groupe des favoris, emmené par Frank Schleck cette fois, revenait sur les deux attaquants mais face à la formation Columbia surreprésentée dans le groupe, la Saxo Bank ne pouvait rien faire lorsque Tony Martin partait à moins de 500 mètres de la ligne d'arrivée. C'est la 6ème victoire pour l'équipe américaine sur neuf étapes( pour l'instant). Cependant, comme Cancellara termine 3ème et prend des bonifications, Tadej Valjavec n'a plus que 4" d'avance sur le suisse. Le contre-la-montre de Berne fera donc la décision pour la victoire finale puisque rien n'est fait sur un parcours vallonné qui peut tout à fait convenir à un Roman Kreuziger ou Andreas Kloden.
La neuvième étape, contre-la-montre de 38,5km à Berne, a été remportée par Fabian Cancellara haut la main puisqu'il a devancé Tony Martin de 1'27" et Thomas Dekker (Silence Lotto) à 1'42", lui qui n'a pas été très en vue durant ce Tour de Suisse. Sylvain Chavanel termine premier français à la 5ème place à 1'48". Roman Kreuziger prend la 7ème place à 2' tandis que Andreas Kloden termine 9ème à 2'09". Cancellara remporte donc facilement ce Tour de Suisse 2009 en ayant été résistant en montagne grâce à ses coéquipiers et en assommant ses adversaires dans les deux chronos. Damien Monier (Cofidis), très discret, finit tout de même premier français au classement général à la 18ème à 7'04" une petite seconde devant Sandy Casar.
