C'est la grande question d'avant-Tour mais qui a fait moins de bruit cette année, le Dauphiné Libéré ou le Tour de Suisse comme préparation pour la grande course de cet été, le Tour de France? En tout cas, la plus populaire est bien l'épreuve française qui débute ce dimanche et réuni le favori du Tour, Alberto Contador, qui soi-disant ne veut pas jouer la gagne pour se préserver lui et son équipe pour son objectif estival ainsi que les Cadel Evans, Alejandro Valverde, Ivan Basso, Robert Gesink, Oscar Pereiro, Stijn Devolder, Igor Anton, Mikel Astarloza, Vincenzo Nibali ou encore Sylvester Szmyd, toujours dans le coup durant cette épreuve qu'il apprécie beaucoup depuis ces dernières années, Simon Spilak, Alexandre Botcharov et Jakob Fuglsang. Côté français, Pierrick Fédrigo, Cyril Dessel, Julien El Farès, Rémy Di Gregorio, Rémi Pauriol, Amaël Moinard et David Moncoutié, qui complètent une équipe Cofidis très ambitieuse, Jérôme Pineau, qui tentera de remporter sa première victoire cette année mais aussi depuis 5 ans déjà, et Pierre Rolland, la révélation de l'année passée. Le parcours est propice aux grimpeurs et la course surnommée "le mini Tour de France" présente comme à peu près chaque année deux contre-la-montre, deux étapes de plaine et quatre étapes de montagne étant donné que un des deux étapes de plaine peut être légèrement accidentée comme la troisième étape qui arrive à Saint-Etienne avec 4 côtes ou cols répartis sur les 182km de l'étape.
La première étape, un contre-la-montre de 12,1km dans les rues de Nancy, a été remportée par Cadel Evans (Silence Lotto) devant un certain Alberto Contador (Astana) à 8" de l'australien et Alejandro Valverde (Caisse d'épargne) à 23". Avant l'arrivée de ces trois favoris, Sébastien Rosseler (Quick Step) détenait le meilleur temps de justesse devant Vincenzo Nibali (Liquigas), Frantisek Rabon (Columbia) et Christian Knees (Milram) pour 1" mais Rosseler termine finalement 4ème à 33" et à 34" pour le trio suivant. Benoît Vaugrenard (Française des Jeux) est le premier français 8ème à 36". Jérôme Pineau (Quick Step) réalise le 16ème temps à seulement 43" de Evans devant William Bonnet (Bbox Bouygues Telecom) dans la même seconde alors que Stijn Devolder (Quick Step) réalise une très mauvaise performance, 114ème à 1'28". Le jeune danois Jakob Fuglsang (Saxo Bank) déçoit un petit peu avec sa 97ème à 1'21". Evans est donc le premier porteur du maillot jaune.
La deuxième étape a été remportée par Angelo Furlan (Lampre), qui a créé la surprise en devançant Markus Zberg (BMC), autre surprise, et Tom Boonen (Quick Step) pour lequel son équipe avait beaucoup roulé durant la deuxième moitié de la course. Une échappée de 5 coureurs avec les français Stéphane Augé (Cofidis)et Alexandre Pichot (Bbox Bouygues Telecom), Paul Voss (Milram), Hector Gonzalez (Fuji-Servetto) et Inaki Isasi (Euskaltel). Après avoir obtenu une avance très confortable notamment grâce à l'arrêt du peloton en raison du passage d'un train pendant 4 minutes qui a très largement contribué à augmenter sensiblement l'écart, les équipes de sprinters relayèrent la Silence Lotto du leader Cadel Evans pour réduire l'écart. Gonzalez fut le premier à lâcher à 20km de l'arrivée puis Voss laissait partir le trio restant avec Augé, Pichot et Isasi. Quand, à moins de 10km de l'arrivée, le trio était proche du peloton, plusieurs attaques animèrent la fin d'étape avec notamment Anthony Geslin (Française des Jeux) et Pierre Rolland (Bbox Bouygues Telecom) ainsi que Karsten Kroon (Saxo Bank), David Millar (Garmin) fut le plus incisif pour stopper l'aventure des trois fuyards. Millar résista assez longtemps mais se fit reprendre à 100 mètres de la ligne d'arrivée. Tom Boonen se faisait alors déborder par Angelo Furlan et se relevait ce qui permis à Markus Zberg de prendre la 2ème place. Arnaud Coyot (Caisse d'épargne) est le premier français à la 8ème place du sprint. Une cassure s'est produite en raison de chutes mais dans les trois derniers kilomètres ce qui ne modifie pas le classement général. Cadel Evans conserve le maillot jaune de leader.
La troisième étape a été remportée par Niki Terpstra (Milram) devant ses compagnons d'échappée Ludovic Turpin (AG2R LM) et Yuri Trofimov (Bbox Bouygues Telecom). Un groupe de 5 coureurs comme la veille s'est rapidement extirpé du peloton après quelques vaines tentatives. Les deux français Rémi Pauriol (Cofidis) et Ludovic Turpin avec Niki Terpstra, Inigo Landaluze (Euskaltel) et Yuri Trofimov. Leur avance atteignait 6 minutes mais le peloton maintenait l'écart avec les Silence Lotto. Rémi Pauriol s'emparait des points du classement de la montagne et, à 40km de l'arrivée, l'avance des 5 fuyards était toujours de plus de 4'30". La formation Française des Jeux faisait retomber l'écart de 2 minutes en un peu plus de 5km dans la côte de Château-Gaillard. La Quick Step et la Caisse d'épargne prenaient le peloton en main mais l'avance se maintenait autour de 2 minutes. La Silence Lotto se chargeait alors de protéger Cadel Evans et de limiter l'écart. Pas d'attaques dans le groupe de tête et il faut donc attendre les 350 derniers mètres pour voir Landaluze se sacrifier et emmener le sprint que Terpstra qui, malgré ses efforts fournis pour engranger le plus de temps possible étant le mieux placé des échappés au classement général, domina plutôt facilement. Pauriol est 4ème et s'empare de la seconde place au général à 26" de Terpstra, le nouveau maillot jaune de l'épreuve, et Trofimov est 3ème à 27" tandis que Turpin est 4ème à 36". Evans est désormais 5ème à 1'01". Le contre-la-montre de 42,4km de la 4ème étape offrira sûrement de gros écarts et sera en quelques sortes un premier juge de paix sur ce Dauphiné Libéré.
La quatrième étape, contre-la-montre long de 42,4km, a été remportée par Bert Grabsch (Columbia) devant Cadel Evans pour 7" et David Millar (Garmin) à 39". Alberto Contador prend la 5ème place à 44" alors que Mikel Astarloza (Euskaltel) réalise le 9ème temps à 1'23". Alejandro Valverde est 12ème à 1'38" et Robert Gesink (Rabobank), 13ème à 1'43" et Vincenzo Nibali 14ème à 1'45" mais la surprise du jour vient bien d'un français, en l'occurence Jérôme Pineau qui prend une très belle 21ème place à 2'14" du vainqueur tandis que Lazlo Bodrogi (Katusha), premier français puisqu'il a récemment décidé de prendre la nationalité française, termine 17ème à 2'08". Cadel Evans reprend donc son bien et portera le maillot jaune sur les routes menant au Mont-Ventoux lors de la 5ème étape, Niki Terpstra ayant terminé loin à 5'27".
La cinquième étape, qui se terminait au sommet du célèbre Mont Ventoux, a été remportée par Sylvester Szmyd (Liquigas), qui a devancé son compagnon d'échappée Alejandro Valverde, qui l'a laissé gagner pour le remercier de l'avoir aider à creuser l'écart. Haimar Zubeldia (Astana) prend la 3ème place à 1'14". Christophe Kern (Cofidis), José Luis Arrieta (AG2R LM), Alan Perez (Euskaltel) et Frederik Willems (Liquigas) ont pris les devants et ont obtenu une belle avance. Au pied du géant de Provence, les échappés avaient près de 4 minutes d'avance sur le peloton, qui se cassait en deux sous l'impulsion du terrible travail des Rabobank et Silence Lotto. Perez était le premier lâché alors que Szmyd et Ivan Basso accélèraient avec Zubeldia dans leur roue. Valverde sortait du peloton des favoris et contrait immédiatement alors que Arrieta et Kern étaient les derniers repris après Willems. Basso trop faible, Szmyd tentait sa chance, revenait sur Valverde et collaborait avec l'espagnol. Derrière, Zubeldia résistait puis Arrieta, Kern et le groupe des favoris qui se neutralisait avec Contador qui marquait Evans. Le jeune Fuglsang voulait aller chercher une place d'honneur mais à chaque fois Evans profitait de son sillage. Arrieta et Kern se faisaient reprendre et s'accrochaient alors que le rythme était souvent cassé par de petites accélèrations. Un groupe où figurait notamment Igor Anton et Mikel Astarloza (Euskaltel) revenait en compagnie de David Millar et Rigoberto Uran (Caisse d'épargne). Robert Gesink réussit à s'extraire du groupe et finit 4ème à 1'50" alors que Fuglsang, après plusieurs tentatives, prenait la 5ème place à 1'59". Evans sprintait pour prendre la 6ème place à 2'10" et David Moncoutié, présent dans le groupe des favoris, était récompensé par une belle 7ème place à 2'13" devant Alberto Contador. Le reste du peloton franchissait la ligne un par un et les écarts étaient assez conséquents hormis entre les prétendants à la victoire finale. Alejandro Valverde est donc le nouveau leader du Dauphiné Libéré devant Cadel Evans pour 16" et Alberto Contador pour 1'04".
La sixième étape, qui ne faisait que 106km, a été remportée par le français Pierrick Fédrigo (Bbox Bouygues Telecom) qui devance Jurgen Van de Walle (Quick Step) de 4" et le vétéran français Stéphane Goubert (AG2R LM). Après 17km, un groupe de 14 coureurs s'échappait avec notamment Juan Manuel Garate (Rabobank), Gorka Verdugo (Euskaltel), et le français Benoit Vaugrenard (Française des Jeux). Dans la principale ascension du jour, le col de l'Izoard, quelques sprinteurs comme Gert Steegmans (Katusha) et Markus Zberg, présents dans l'échappée, se détachent mais c'est finalement avec une accélèration de Jurgen Van de Walle que les plus forts se dévoilent : Juan Manuel Garate, Stéphane Goubert et Gorka Verdugo font la jonction mais ce dernier lâche. Pierrick Fédrigo et Lars Bak reviennent eux aussi mais le danois est lui aussi lâché. Le peloton maintient l'écart à plus de 4 minutes alors que Mikel Astarloza attaque pour se replacer au classement général. Il reprend les rescapés de l'échappée un à un mais il ne reverra plus les 5 hommes de tête. Garate accélère dans la descente mais c'est Van de Walle qui creuse le plus belle écart avant la côte de la Gargouille où le belge résiste très bien malgré le contre de Goubert. Fédrigo passe à son tour à l'attaque, rejoint Van de Walle, dépité, et le dépose au sprint. Quelques rescapés terminent à près de 3 minutes devant Astarloza qui prend la 9ème place à 3'17". Christophe Le Mevel (Française des Jeux) et David Moncoutié terminent devant les favoris respectivement 12 et 13ème à 4'05" et 4'10". Alberto Contador, Cadel Evans et Alejandro Valverde se neutralisent à 4'12". Alejandro Valverde conserve son maillot jaune.
La septième étape, qui enchaînait le col du Galibier, de la Croix de Fer et de la Madeleine en moins de 160km, a été remportée par le français David Moncoutié (Cofidis) en solitaire devant Robert Gesink à 41" et Cadel Evans. Un groupe de 24 coureurs où l'on retrouvait une majorité de coureurs français ou d'équipes françaises s'est détaché du peloton mais celui-ci perdait bon nombre d'éléments dont Jérôme Pineau alors que l'écart n'excédait pas les 4'30". Mathias Frank (BMC) et Rinaldo Nocentini (AG2R LM) s'extirpaient dans la descente du col de la Croix de Fer alors que le reste de l'échappée était coupé en deux parties. Finalement tout se regroupait sauf Frank qui parvenait à lâcher Nocentini, lui-même repris par les reste de l'échappée. David Moncoutié partait alors en costaud à un rythme régulier comme à son habitude et rattrapait Frank puis le déposait. L'avance était de 1'30" à 10km de l'arrivée mais malgré les multiples attaques des favoris notamment de la part d'Evans, Moncoutié résistait pour terminer avec 1 minute d'avance sur les favoris. Fuglsang tentait de partir seul mais il n'y parvenait pas et terminait cuit 5ème à 53" devant Contador à 55". Christophe Le Mevel, présent dans l'échappée et repris par les favoris, franchissait la ligne en 7ème place à 1'28". Nibali termine 8ème à 2'19", Astarloza 10ème à 2'32" et V.Efimkin 11ème à 2'40". Au classement général, Alejandro Valverde conserve son maillot jaune devant Cadel Evans et Alberto Contador qui est désormais à 1'18".
La huitième et dernière étape a été remportée par Stef Clement (Rabobank) devant Timothy Duggan (Garmin) et le français Sébastien Joly (Française des Jeux). Ces trois coureurs étaient les trois derniers rescapés de l'échappée qui était composé de 28 coureurs. Bert Grabsch (Columbia) a décidé de s'extraire de ce groupe à moins de 100km de l'arrivée étant donné que le peloton contrôle à 2 minutes seulement. Il creuse un bel écart puisque l'entente n'est pas très bonne parmi les 27 poursuivants. Par la suite, l'avance augmente et passe près des 6 minutes tandis que les poursuivants sont à un peu plus de 2 minutes. A 35km de l'arrivée, Grabsch n'a plus que 1'20" d'avance au pied du col de Saint-Bernard du Touvet et se fait rapidement reprendre. Le peloton est lui à 2'30" pendant que Duggan et Adam Hansen (Columbia) s'échappent à leur tour du groupe de tête qui commence à perdre des éléments. A moins de 30km de l'arrivée, Duggan est seul en tête et le peloton perd beaucoup de monde. Alors que Cadel Evans tente le tout pour le tout en vain contre Alberto Contador et Alejandro Valverde, David Moncoutié fait l'ascension à son rythme et revient sur Hubert Dupont (AG2R LM) et Daniele Righi (Lampre), rescapés de l'échappée. Clement revient en solitaire sur Duggan et les deux hommes passent au sommet avec 1'30" d'avance sur le peloton des favoris. Deux petits groupes de coureurs sont intercalés entre les hommes de tête et le peloton qui récupère des coureurs lâchés dans le final de la montée. Joly fait la descente à fond et rattrape le duo de tête et fait la jonction à moins de 8km de l'arrivée. Joly collabore malgré tout et anticipe le sprint à un peu plus d'un kilomètre de l'arrivée mais il se fait rejoindre à moins de 300 mètres de la ligne... Alejandro Valverde n'a pas été attaqué dans la descente qui a suivi et remporte ce Dauphiné Libéré 2009 devant Cadel Evans pour 16" et Alberto Contador pour 1'18". Evans et Contador sont donc prêts pour le Tour de France mais Valverde, qui ne devrait pas y participer, se console de la meilleure des manières dans le "mini Tour de France". Christophe Le Mevel prend une belle 10ème place à 6'19" devant David Moncoutié 11ème à 6'58". Le jeune Pierre Rolland s'est bien comporté et termine à la 17ème place à 10'52". De bons augures pour les français à quelques semaines du Tour de France. Seule la formation AG2R La Mondiale a déçu et Vincent Lavenu, le manager, dit même être inquiet pour l'épreuve estivale en raison du manque de succès de son équipe qui n'a pris qu'une deuxième place avec Ludovic Turpin alors que l'on a pas vu Cyril Dessel mais Vladimir Efimkin qui termine 14ème du classement général.
